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STORY #02

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] UNE MESSE A TATEV

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. C’est dans la région du Caucase que je m’immerge dans la vie d'un des berceaux du christianisme.

 

UN DEPAYSEMENT INATTENDU

À peine plus d’un mois que j’ai quitté la France et je ne pensais pas être dépaysé aussi rapidement. La route qui longe la mer Noire ne présente pas d’intérêt majeur, si ce n’est de longs bords de côte d’une modernité assez étrange. On entre dans le Caucase par la ville frontière de Batoumi. Cette région oubliée du monde est comme écrasée par les puissances qui l’entourent. La Russie au nord, la Turquie à l’ouest et l’Iran au sud. Ces trois petits pays que sont la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan partagent une histoire commune et pourtant, les tensions de l’ère postsoviétique sont encore palpables. En effet, l’indépendance de la région en 1991 a dégénéré en violents combats entre les différentes nations. De plus, dans ce contexte géopolitique tendu plane toujours le souvenir douloureux du génocide arménien. En Occident, on n’en parle pas ou peu. Cependant, les Géorgiens et les Arméniens se sentent culturellement plus proches de l’Europe que de l’Asie ; sûrement parce que ces pays constituent l’un des berceaux du Christianisme.

BERCEAU DU CHRISTIANISME

Les routes menant aux monastères qui ont traversé le temps n’ont pas beaucoup changé. Sur ces chemins, j’ai failli casser mon van plus d’une fois... En Géorgie, je vois des lieux qui révèlent des scènes bibliques, à l’époque où les hommes creusaient encore la roche pour y vivre et s’y retirer du monde pour s’abandonner à leur foi. Première nation au monde à adopter le christianisme, l’Arménie a préservé ses traditions religieuses séculaires. Aussi, un dimanche matin, j’ai plongé dans une autre époque lorsque j’ai assisté à une messe.

LA PHOTO 

Il est très tôt quand je me réveille ce jour-là. J’ai garé mon van sur la colline face au monastère de Tatev. Ce joyau du IXe siècle est l’un des plus importants centres religieux du pays. Au XIVe siècle, plus de 500 moines séjournent dans ce haut lieu de la culture, fréquenté par les plus grands savants et théologiens de l’époque. De loin, je ne me rends pas compte qu’une foule de pèlerins est en train d’écouter la messe dominicale. L’évêque qui dirige la cérémonie est impressionnant. Je sors délicatement mon appareil photo quand je sens que personne ne s’intéresse à moi. La foule est magnétisée par la voix grave et envoutante. Le maître de cérémonie ponctue ces récitations en venant à la rencontre des pèlerins qui se pressent pour embrasser la Croix. J’ai à peine le temps de faire la mise au point quand il s’avance vers moi et à grande ouverture, il faut pas mal de chance pour « attraper » son sujet. Tout va très vite et à 1/160s, on risque le flou. C’est le cas sur la photo. Ça n’enlève rien à sa force. Une image n’est pas forcement belle parce qu’elle est « piquée ». La sensibilité poussée à 800 Iso, les imperfections sont encore plus visibles, mais ça lui donne encore plus de vie !


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #82 en Décembre 2015

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Tirage photo disponible en Fine art (40x50cm ou 50x70cm) sur le lien suivant : amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] A MASS IN TATEV

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. It is in the Caucasus region that I immersed myself in the life of one of the cradles of Christianity.

 

AN UNEXPECTED CHANGE OF SCENERY

Just over a month after I left France and I didn't think I would be so out of touch so quickly. The route along the Black Sea was not of major interest, except for the long coastline of a rather strange modernity. Entering the Caucasus through the border town of Batumi. This forgotten region of the world is like being crushed by the powers that surround it. Russia to the North, Turkey to the West and Iran to the South. Georgia, Armenia and Azerbaijan, the three small countries, share a common history, yet the tensions of the post-Soviet era are still palpable. Indeed, the independence of the region in 1991 degenerated into violent fights between the different nations. Moreover, in this tensed geopolitical context, the painful memory of the Armenian genocide still hangs over us. In the West, there is little or no mention of it. However, Georgians and Armenians feel culturally closer to Europe than to Asia, surely because these countries are one of the cradles of Christianity.

CRADLE OF CHRISTIANITY

The roads leading to the monasteries that have passed through time have not changed much. On these roads, my van almost broke more than once... In Georgia, I see places that reveal biblical scenes at a time when people were still digging rocks to live and retreat from the world to surrender to their faith. As the first nation in the world to adopt Christianity, Armenia has preserved its secular religious traditions. Also, on a Sunday morning, I dove into another era when I attended a mass.

THE PICTURE 

It was very early when I woke up that day. I parked my van on the hill in front of the Tatev Monastery. This ninth-century jewel is one of the most important religious centres in the country. In the 14th century, more than 500 monks stayed in this high place of culture, frequented by the greatest scholars and theologians of that time. From a distance, I didn't realize that a crowd of pilgrims was listening to the Sunday mass. The bishop who conducted the ceremony was impressive. I gently pull my camera out when I feel that no one is paying attention to me. The crowd was magnetized by the deep and enchanting voice. The master of ceremonies punctuates these recitations by coming to meet the pilgrims who hurry to embrace the Cross. I barely had time to focus when he walked towards me- the lens was wide open so it takes a lot of luck to "catch" the subject. Everything goes very fast and at 1/160s there's high chance of blurring. That is the case in the photo. Although it doesn't take anything away from its power. An image is not necessarily beautiful because it is "stung". The sensitivity is pushed to 800 ISO, the imperfections are even more visible, but it gives even more life to it!


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #82 in December 2015

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on amudarya.com

Photo print available on the following link: amudarya.com

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