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STORY #03

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] LE TOMBEAU D'HAFEZ

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. C’est en Iran que j'ai posé mes yeux sur le tombeau du plus grand poète perse de tous les temps. 

 

LES TERRES D’ISLAM

Déjà trois mois que j’ai quitté la France ! Ma route m’a fait traverser le Caucase (Géorgie et Arménie) et, toujours à bord de mon van noir, j’entre en terre d’Islam en août 2014. Il fait très chaud (37°) et je dois traverser une partie du pays pour atteindre la ville de Chiraz : c’est près de là qu’on me dira où trouver les nomades Qashqais. La Perse, civilisation plurimillénaire, présente un décor différent, qui surprend. On s’y sent dépassé par la beauté intemporelle de ses vieux villages ou par la magnificence de ses mosquées. Cette Perse, si spirituelle, dont le peuple vénère toujours un poète disparu depuis plus de 600 ans, fait ressurgir les souvenirs d’un premier voyage que j’ai fait quelques années plus tôt. Qu’il est bon de retrouver un peuple si accueillant, si respectueux et si dévoué à ses cultes et à ses traditions. Quoi de plus représentatif de cette culture que le tombeau d’Hafez, grand poète mystique du XIVe siècle qui a influencé toutes les générations d’Iraniens jusqu’aujourd’hui. 

LE TOMBEAU 

Le mausolée d’Hafez est au centre d’un jardin persan à Chiraz et attire de nombreuses personnes, pèlerins ou simples amoureux de poésie, venus lui rendre hommage. Les femmes pleurent comme si le grand poète était mort la veille et des hommes prient en posant le front sur le marbre froid. Il faut savoir que selon la coutume, tout bon Iranien qui se respecte doit posséder deux choses dans son foyer : le Coran et le Divân (recueil de poésies) d’Hafez. C’est dire l’importance de l’homme qui repose ici. L’ensemble de son œuvre est entouré de respect et il règne un silence apaisant autour du pavillon qui abrite sa tombe blanche. On vient encore chercher et découvrir, autour de la sépulture de celui qui « connait de mémoire le Coran », le parfum et l’harmonie de ses poèmes qui célèbrent Dieu sous des symboles parfois controversés comme l’amour du vin et le plaisir des sens... 

LA PHOTO 

Ce n’est pas une photo, mais dix, voire vingt photographies que je prends ce jour-là. Contrairement à mon habitude, j’enchaîne image sur image, car les scènes de vie se succèdent autour de ce bloc de marbre qui pourrait constituer à lui seul un reportage. Au milieu de l’émotion générale, je me faufile et me place entre les groupes qui s’approchent de la pierre tombale où est gravé un des versets les plus célèbres du poète. Je tente de saisir les regards, les baisers donnés avec passion sur les colonnes qui ferment l’espace rond. Un homme s’approche et s’impose comme le maître d’une cérémonie mystique. En posant sa main sur la pierre tombale, il répond solennellement à des questions que lui pose l’assistance. Tandis que je réalise que l’homme est en train de prédire l’avenir à des jeunes filles en interprétant un poème qu’elles viennent de lire, je braque mon objectif, un 50 mm, sur sa main et ouvre à f/2,2 pour isoler la puissance du geste. La lumière est crue, la vitesse d’obturation est rapide. Aucune inquiétude concernant la mise au point. Il faut juste savoir cadrer et jouer avec la géométrie des différents éléments pour retranscrire toute la symbolique de la scène. Au fond, j’ai conçu cette photographie comme un hommage au poète et à son œuvre. 


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #83 en Février 2016

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Tirage photo disponible en Fine art (40x50cm ou 50x70cm) sur le lien suivant : amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] THE TOMB OF HAFEZ

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. It was in Iran that it laid its eyes on the tomb of the greatest Persian poet of all time.

 

 

THE LANDS OF ISLAM

Already three months that I’ve left France! My journey took me across the Caucasus (Georgia and Armenia) and, still on board my black van, I entered the land of Islam in August 2014. It's very hot (37°C) and I have to cross part of the country to reach the city of Chiraz: it's close to where I will be told I would find the Qashqais nomads. Persia, a multi-millennial civilization, presents a different scenery that surprises. One feels overwhelmed by the timeless beauty of its old villages or the splendor of its mosques. This so spiritual Persia, whose people still worship a poet who has disappeared over 600 years ago, brings back memories of a first trip I made a few years earlier. How good it feels to find people so welcoming, so respectful and devoted to their cults and traditions. Nothing could be more representative of this culture than the tomb of Hafez, a great mystical poet of the 14th century who has influenced all generations of Iranians to this day.  

THE TOMB

Hafez's mausoleum is at the centre of a Persian garden in Chiraz and attracts many people, pilgrims or simple lovers of poetry, who come to pay homage to it. Women weep as if the great poet had died the day before and men pray while laying their heads on cold marble. It is important to know that according to local custom, every respectable Iranian must possess two things in his home: the Qur'an and the Divan (a collection of poems) of Hafez. That's how important is the man who lies here. The whole of his work is surrounded by respect and there is a soothing silence around the pavilion that shelters his white tomb. One comes to seek and discover, around the grave of the one who "knows the Koran by memory", the perfume and harmony of his poems that celebrate God under sometimes controversial symbols such as the love of wine and the pleasure of the senses... 

THE PICTURE 

It's not a single photo, but ten or even twenty photographs I took that day. Contrary to my habits, I shoot one picture after the other, because the scenes of life follow one another around this block of marble which could constitute a photo report of its own. In the midst of the general emotion, I sneak in and stand between the groups approaching the tombstone where one of the poet's most famous verses is engraved. I try to capture the glances, the kisses given with passion on the columns that close the round space. A man approaches and imposes himself as the master of a mystical ceremony. By placing his hand on the tombstone, he solemnly answers questions asked by the audience. As I realize that the man is predicting the future for young girls by interpreting a poem they have just read, I point my lens, a 50 mm, at his hand and open f/2.2 to isolate the power of the gesture. The light is bright, the shutter speed is fast. No concerns about focusing. You just have to know how to frame and play with the geometry of the different elements to transcribe all the symbolism of the scene. Basically, I conceived this photograph as a tribute to the poet and his work. 


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #83 in February 2016

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on amudarya.com

Photo print available on the following link: amudarya.com

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