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STORY #10

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] LES NOMADES KIRGHIZES    

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. Au Kirghizistan, j'ai attendu la fin de l’hiver pour suivre les semi-nomades durant leur migration printanière. 

 

TROIS MOIS D’ATTENTE 

J’espère que mon van va redémarrer après tout ce temps ! Il est resté pendant trois mois dans le parking glauque d’une vieille cité stalinienne. Les centimètres de poudreuse et les températures plongeant jusqu’à -27° ont sûrement dû abimer le moteur... J’ai attendu patiemment la fin de l’hiver pour reprendre enfin la route. L’attente a été aussi longue que captivante, car j’ai pu suivre les chasseurs aigliers qui peuplent la rive sud du lac Issyk Kul. Un des reportages les plus incroyables que j’ai eu l’occasion de faire. Et même si le froid m’a glacé les os durant cet hiver trop long, j’ai fait le plein d’énergie. Motivé comme jamais, je me dirige vers Karakol à 310 kilomètres de Bishkek, la capitale du Kirghizistan. Entourée des montagnes célestes du Tian Shan, cette région à l’est de l’Asie Centrale est encore habitée par des nomades aux traditions ancestrales. 

LE DÉPART

En mai, les bergers semi-nomades, sédentarisés de force à l’époque soviétique, sortent de leurs maisons pour installer leurs yourtes dans les verts pâturages du printemps. Durant plusieurs jours, je reste attentif aux moindres mouvements des habitants. J’attends que mon « fixeur » m’appelle. Lui seul est connecté avec des familles de bergers qui se préparent à déplacer leurs troupeaux de moutons, de chèvres ou de chevaux. Je n’ai pas l’impression que ça s’active beaucoup ; pourtant, un soir, j’apprends qu’une première famille est sur le départ et qu’il faut que je me tienne prêt pour le lendemain matin. Le montage de la yourte prend à peine une heure et je n’ai pas l’intention de rater cet évènement. Mon matériel est opérationnel et les batteries sont chargées. Je compte bien filmer et photographier sous tous les angles la construction de cet habitat nomade. 

LA PHOTO 

J’arrive en retard, car le trajet jusqu’à la maison familiale est très compliqué. En plus de la route défoncée, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois et demander mon chemin, car je n’ai aucun repère au milieu des montagnes et des vallées encaissées. L’accueil est très chaleureux. Le grand-père et ses petits enfants tournent autour de moi en chantant des chansons. Je crois même que l’une d’entre elles m’est dédiée. Le reste de la famille est occupé à charger une carriole avec les différentes parties de la yourte. Les deux femmes présentes ont l’air de gérer les opérations. S’ensuit une longue marche vers le jailoo, le pâturage d’été situé en altitude. C’est là que les familles vont s’installer pour plusieurs mois. La yourte montée, la tradition veut qu’ils prennent un premier repas en musique. Les verres de lait fermenté de jument s’avalent au rythme des chansons traditionnelles. J’ai vissé un objectif grand-angle (24 mm) qui permet un cadre large et m’offre une perspective intéressante. La lumière est faible et je suis obligé de monter jusqu’à 800 Iso avec une vitesse réglée au 1/200s. Face à moi, un musicien hors pair fait danser son instrument. Je me tiens très près de lui et tente d’avoir une image très piquée de son komuz, un luth à trois cordes. Ce n’est pas évident et plusieurs photos virent au flou. À la fin de la représentation, j’ai la sensation d’avoir vécu une expérience aussi singulière qu’émouvante. La musique résonne encore dans cet habitat de feutre blanc et sonne comme le début d’une saison importante pour eux.


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #90 en Octobre 2016

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] KYRGYZ NOMADS

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. In Kyrgyzstan, I waited until late winter to follow the semi-nomads during their spring migration. 

 

THREE MONTHS WAITING TIME

I hope my van will restart after all this time! He stayed for three months in the glaucous parking lot of an old Stalinist city. The centimetres of powder and the temperatures plunging to -27° must have damaged the engine... I waited patiently for the end of winter to finally get back on the road. The wait was as long as it was exciting, because I was able to follow the eagle hunters who populate the south shore of Issyk Kul Lake. One of the most incredible reports I've ever done. And even though the cold frost froze my bones during this long winter, I was full of energy. Motivated as never before, I head for Karakol 310 kilometres from Bishkek, the capital of Kyrgyzstan. Surrounded by the celestial mountains of Tian Shan, this region to the east of Central Asia is still inhabited by nomads with ancestral traditions. 

THE DEPARTURE

In May, semi-nomadic shepherds, forced to settle in Soviet times, leave their homes to set up their yurts in the green pastures of spring. For several days, I remain attentive to the smallest movements of the inhabitants. I'm waiting for my "stalker" to call me. He alone is connected with families of shepherds who are preparing to move their flocks of sheep, goats or horses. I don't feel like it's getting very busy, but one night I learn that a first family is on the way and I have to be ready for the next morning. The editing of the yurt takes barely an hour and I have no intention of missing this event. My equipment is operational and the batteries are charged. I intend to film and photograph the construction of this nomadic habitat from every angle. 

THE PICTURE

I arrive late because the journey to the family home is very complicated. In addition to the rough road, I had to go back several times and ask for my way, because I have no landmarks in the middle of the mountains and deep valleys. The welcome is very warm. The grandfather and his grandchildren turn around me singing songs. I even believe that one of them is dedicated to me. The rest of the family is busy loading a cart with the different parts of the yurt. The two women present seem to be running the operations. This is followed by a long walk to the jailoo, the summer pasture at altitude. This is where the families will settle for several months. The yurt climbed, the tradition is that they take a first meal in music. The glasses of mare's fermented milk are swallowed to the rhythm of traditional songs. I screwed in a wide-angle lens (24 mm) that allows a wide frame and gives me an interesting perspective. The light is weak and I am forced to climb up to 800 Iso with a speed set at 1/200s. In front of me, an outstanding musician makes his instrument dance. I stand very close to him and try to get a very stung picture of his komuz, a three-stringed lute. It's not easy and many photos are blurred. At the end of the performance, I feel as if I have had a unique and moving experience. The music still resonates in this white felt habitat and sounds like the beginning of an important season for them.


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #90 in October 2016

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on 

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