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STORY #08

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] HAMMAM  

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. En Ouzbékistan, il s’est reposé quelques heures dans un hammam du XVIe siècle d’où il a tiré une photo sortie tout droit d’un autre temps. 

 

UN REPOS MÉRITÉ 

Le froid qui s’est abattu sur l’Asie Centrale me glace les os. Je dors de moins en moins souvent dans mon van. À -11 degrés, j’ai atteint la limite de ce que je pouvais endurer. Même s’il ne neige plus depuis quelques jours, j’ai échangé le matelas confortable que j’ai installé à l’intérieur de l’habitacle contre le lit défoncé d’une auberge de fortune. Rien ne me fera faire demi-tour, je suis exactement là où j’ai voulu être : Boukhara, carrefour des routes de la soie et des cultures turco-persanes. Et puis je ne suis qu’à la moitié de mon périple... Tant de choses restent à découvrir. Mais ce soir, je suis fatigué et je sens que la maladie n’est pas loin. Après six mois de voyage dans des conditions parfois précaires, c’est vraiment l’occasion de se détendre dans un hammam. 

LE BAIN TURC

Le hammam, soit «bain d’eau chaude» en arabe est aussi appelé «bain turc», car bien qu’il trouve son origine à l’époque des thermes romains, son emploi s’est surtout développé sous l’Empire Ottoman. Conçu aussi bien pour l’hygiène que pour le plaisir, le hammam est un lieu de rassemblement public où l’on retrouve, aujourd’hui encore, toutes les couches sociales. L’établissement que l’on m’a indiqué, le Hammam Bozori Kord se trouve près du bazar principal. Il tient sa réputation à son ancienneté, car il a ouvert à l’époque d’Abdullah Khan, émir ouzbek du XVIe siècle. Construit en brique, cet édifice n’a pas dû beaucoup changer depuis le temps. Il n’y a toujours pas d’électricité et la lumière arrive directement par la haute coupole centrale. Ce lieu est parfait pour atténuer mes douleurs et ma fatigue et j’ai le sourire aux lèvres en entrant. 

LA PHOTO 

Mes habits au vestiaire, serviette sur les hanches et sandales en plastique taille 48 aux pieds, je me dirige vers le sauna. Un couloir sombre mène à de petites salles ; il fait de plus en plus chaud. Sur une grande dalle en marbre, un homme se fait masser avec énergie. Il a l’air d’une marionnette entre les bras de l’homme qui le manipule. La scène fait penser à un sacrifice. Ca sera mon tour dans quelques minutes... En attendant, je sors mon appareil du vulgaire sac plastique qui le protège de l’humidité ambiante ; je me sens un peu stupide, car il risque d’être endommagé par la chaleur, mais l’ambiance est très picturale, une scène de vie trop rare pour ne pas l’immortaliser. Je signale alors aux hommes présents que je vais faire quelques photos. Ça n’a l’air de ne déranger personne. Je réalise que je ne peux faire que deux à trois déclenchements avant qu’il n’y ait trop de buée sur le verre de l’objectif. Un vrai challenge. Le 24 mm est déjà vissé. De toute façon, il n’est pas question d’en changer ! L’autofocus rame et ne trouve rien. J’ouvre au maximum (f/1,4) et fais la mise au point manuellement. Assis sur un banc dans une niche, j’essaie à la fois de trouver de la stabilité et de prendre de grandes inspirations, car mon cœur s’emballe sous la chaleur étouffante. Je ne vois quasiment rien à ce que je fais et protège comme je peux le boîtier. On verra bien le résultat ! Un jeune homme me tend un seau en plastique rouge rempli d’eau. Ça me rappelle que je suis ici avant tout pour prendre soin de moi. Je range mon matériel aussi rapidement que je l’ai sorti et me laisse envelopper par les vapeurs d’un bain ancestral. 


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #88 en Juillet 2016

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] HAMMAM 

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. In Uzbekistan, he rested for a few hours in a 16th-century hammam from where he took a photograph taken straight from another time. 

 

A DESERVED REST

The cold weather in Central Asia is freezing my bones. I sleep less and less in my van. At -11 degrees, I have reached the limit of what I can endure. Even though it hasn't been snowing for a few days, I switched the comfortable mattress I installed inside the cabin for the stoned bed of a makeshift inn. Nothing will make me turn back, I am exactly where I wanted to be: Bukhara, crossroads of silk roads and Turkish-Persian cultures. Besides, I'm only halfway through my journey... So much remains to be discovered. But tonight, I'm tired and I feel that the disease is not far away. After six months of traveling in sometimes precarious conditions, it is really an opportunity to relax in a hammam. 

TURKISH BATH

The hammam, or "hot water bath" in Arabic is also called "Turkish bath", because although it originated in the Roman thermal baths, its use was mainly developed during the Ottoman Empire. Designed for both hygiene and pleasure, the hammam is a public gathering place where all social strata are still present today. The Hammam Bozori Kord, as I was told, is located near the main bazaar. It owes its reputation to its seniority, as it opened during the time of Abdullah Khan, Uzbek Emir of the 16th century. Built in brick, this building must not have changed much since then. There is still no electricity and the light comes directly from the central high dome. This place is perfect for alleviating my pain and fatigue and I smile on my way in. 

THE PICTURE

My clothes in the cloakroom, towel on my hips and plastic sandals size 48 at the feet, I'm heading for the sauna. A dark corridor leads to small rooms; it gets hotter and hotter. On a large marble slab, a man is massaged with energy. He looks like a puppet between the arms of the man who manipulates him. The scene is reminiscent of a sacrifice. It'll be my turn in a few minutes... In the meantime, I take my camera out of the vulgar plastic bag that protects it from the humidity; I feel a little stupid, because it could be damaged by the heat, but the atmosphere is very pictorial, a scene of life too rare not to immortalize it. I would like to inform the men present that I will take some pictures. Doesn't seem to bother anyone. I realize that I can only do two or three triggers before there is too much fog on the lens lens. A real challenge. The 24 mm is already screwed. In any case, there is no question of changing it! Autofocus oars and finds nothing. I open to maximum (f/1.4) and focus manually. Sitting on a bench in a kennel, I try to find stability and take deep breaths, because my heart is racing in the stifling heat. I see almost nothing to what I do and protect as I can the case. We'll see what happens! A young man handed me a red plastic bucket filled with water. It reminds me that I'm here primarily to take care of myself. I tidy up my equipment as quickly as I pulled it out and let myself be enveloped by the vapours of an ancestral bath. 


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #88 in July 2016

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on 

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