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STORY #12

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] SOUS LA YOURTE      

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. J'ai célébré mon année de voyage sous une yourte de nomades kirghizes. 

 

DÉJÀ UN AN

J’ai perdu du poids, ma barbe touche quasiment mon torse, mes vêtements sont usés, la carrosserie de mon van a reçu des coups, mais je suis en pleine forme. Nous sommes le 21 mai 2015, cela fait un an jour pour jour que je suis parti de Paris. Ma femme me manque, bien qu’elle me donne souvent des nouvelles. La technologie a beaucoup évolué depuis ma traversée de l’Asie en 2009 (cf : 56 000 km, un continent et des hommes), ça me permet de la rassurer quand je suis dans ce genre d’endroit. J’aimerais être avec des proches pour fêter cette année sur les routes, mais c’est un Brésilien que je viens de rencontrer qui va partager une bouteille de vodka avec moi. J’ai pris Lucas comme copilote au départ de Bishkek. Il voulait se rendre au Tadjikistan et je lui ai proposé de faire la route du Pamir à deux. Je dois avouer que même si j’aime la solitude, sa compagnie m’est agréable. 

LA YOURTE

Depuis la veille, nous traversons la terre des nomades kirghizes. On a beau être aux pays des Tadjiks, peuple d’origine perse, c’est bien les Kirghizes qui sont majoritaires dans cette partie du pays. Totalement indépendant depuis le début de l’aventure, je dors dans mon van sans rien demander à personne. Mais ce soir, je veux changer ce rituel : j’ai décidé de trouver une yourte pour la nuit. Le jeune homme que l’on a pris en stop à Murghab nous aide à négocier. Un peu de luxe pour une nuit exceptionnelle. Il faut bien fêter ça non ? En m’arrêtant ce soir-là à cet endroit, je repense à tous les moments et à tous les kilomètres parcourus. Aux gens que j’ai rencontrés, aux photos que j’ai prises et qui sont encore enfermées dans des disques durs, à ce que j’espère en faire si je parviens à revenir chez moi, en France. 

LA PHOTO 

J’ai coupé le moteur devant cet habitat de feutre. Le soleil commence à décliner. Il fait encore très froid, surtout que l’on est à plus de 2000 m d’altitude. Assis sur le siège conducteur, j’observe le va-et-vient d’une famille qui s’agite pour nous faire de la place sous la yourte. Une femme et ses enfants font plusieurs allers-retours en passant devant mon van. Je trouve la lumière très intéressante, car le pare-brise fait l’effet d’un filtre. La partie la plus basse du verre est recouverte d’un film qui se fond en un dégradé légèrement foncé. Cela a pour conséquence de créer un vignettage naturel très original. J’en profite pour coller l’objectif, un 50 mm, sur l’intérieur du pare-brise et attendre que la jeune femme repasse devant moi. La mise au point a été faite sur la yourte avant qu’elle n’arrive. À f/16 en ouverture, je pensais que son visage avait des chances d’être piqué, mais ce n’est pas le cas. L’image n’est pas pour autant ratée, bien au contraire. C’est une scène de vie et je trouve que les imperfections servent ici mon propos. Celui du romantisme et de la poésie naturelle des peuples nomades. 


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #92 en Décembre 2016

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] UNDER THE YURT

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. I celebrated his year of travel under a yurt of Kyrgyz nomads.

 

ALREADY ONE YEAR

I've lost weight, my beard is almost touching my torso, my clothes are worn out, the body of my van has been hit, but I'm in great shape. It is May 21,2015, it's been a year since I left Paris. I miss my wife, although she often gives me news. Technology has evolved a lot since my crossing of Asia in 2009 (cf: 56 000 km, a continent and people), it allows me to reassure her when I am in this kind of place. I would like to be with friends and family to celebrate this year on the roads, but it's a Brazilian I just met who will share a bottle of vodka with me. I took Lucas as a co-driver from Bishkek. He wanted to go to Tajikistan and I offered him the opportunity to go to Pamir together. I must confess that even though I like loneliness, I enjoy her company. 

THE YURT

Since the day before, we have been crossing the land of Kyrgyz nomads. Although we may be in the countries of the Tajik people of Persian origin, it is the Kyrgyz people who are in the majority in this part of the country. Totally independent since the beginning of the adventure, I sleep in my van without asking anyone. But tonight, I want to change this ritual: I decided to find a yurt for the night. The young man we hitchhiked in Murghab is helping us negotiate. A little luxury for an exceptional night. We have to celebrate, don't we? When I stop there that night, I think of all the times and miles travelled. To the people I met, to the pictures I took and which are still locked in hard disks, to what I hope to do with them if I manage to get back home, in France. 

THE PICTURE

I shut down the engine in front of this felt habitat. The sun's starting to go down. It is still very cold, especially since we are over 2000 m above sea level. Sitting on the driver's seat, I observe the comings and goings of a agitated family to make room for us under the yurt. A woman and her children make several round trips passing in front of my van. I find the light very interesting because the windshield is like a filter. The lowest part of the glass is covered with a film that melts into a slightly dark gradient. This results in a very original natural vignetting. I take the opportunity to stick a 50 mm lens on the inside of the windshield and wait for the young woman to come back before me. The tune-up was done on the yurt before it arrived. At f/16 at the opening, I thought his face was likely to be pricked, but it's not. The image is not a failure, quite the contrary. It is a scene of life and I find that imperfections serve my purpose here. Romanticism and the natural poetry of nomadic peoples.  


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #92 in December 2016

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on 

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