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STORY #09

Every monday a new story / Tous les lundis une nouvelle histoire

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[FR] LES AIGLIERS KIRGHIZES   

Dans une quête des derniers nomades et des groupes ethniques de Perse et d’Asie Centrale, je suis parti pendant 16 mois avec mon van de la France à l’Afghanistan. Durant un hiver au Kirghizistan, il a suivi des aigliers qui perpétuent une chasse ancestrale du loup et du renard. 

 

UN HIVER À BISHKEK

J’attaque le neuvième mois du voyage en entrant au Kirghizistan. Je passe la frontière quelques jours après les attentats de Charlie Hebdo et les douaniers, remarquant que je suis français, m’en parlent d’une manière gênée. Comme s’ils voulaient me faire comprendre que les musulmans de leur pays n’ont rien à voir avec cette histoire. Cela me paraît évident, mais ça leur tient à cœur. L’hiver est de plus en plus dur. Sous-équipé, j’attaque la route qui me mène à la capitale sans chaînes de pneus. Je m’attends à tout moment à avoir un accident malgré ma conduite prudente. Et fatalement, c’est sur une route glacée entre deux cols que mon véhicule fait un tête-à-queue et vient s’encastrer dans un mur de neige. C’en est trop pour moi. Je décide de m’arrêter à Bishkek et d’attendre les beaux jours pour repartir. Mon van reste pendant trois mois sous des centimètres de poudreuse dans une cité stalinienne. J’en profite pour prendre mon temps et organiser les deux reportages que j’ai toujours compté faire dans ce pays : les chasseurs aigliers et les nomades kirghizes ; ces derniers ne commençant leur transhumance qu’à partir du printemps. Alors que je me renseigne auprès d’une vieille connaissance, Goulzina, une jeune kirghize que j’ai rencontrée il y a quatre ans, ici même à Bishkek et qui est devenue guide depuis, je me rends compte qu’Aibek, le responsable de l’appartement où je loue une chambre connaît aussi très bien le sujet. Cela va fortement simplifier mes recherches. 

LA CHASSE A l'AIGLE

Dans toute la Kirghizie, la chasse à l’aigle ne subsistent que dans trois villages. Suite à son interdiction pendant la période soviétique, ceux qui possédaient des aigles devaient les cacher ou les abandonner. Cette tradition a failli disparaître. Mais quelques familles, où les hommes sont aigliers de père en fils, tentent de renouer avec cette forme de chasse ancestrale. À 200 kilomètres à peine de la capitale, Bonkonbayev est non seulement le village le plus proche, mais surtout c’est celui qui compte le plus d’aigliers. Une chance, car la rigueur du climat rend tout déplacement très compliqué. La température est désormais de -27 degrés. Les conditions de travail sont éprouvantes. Avec mon ami Greg, qui m’a rejoint pour assurer la partie vidéo du projet, nous réalisons que suivre une chasse est un vrai défi. 

LA PHOTO 

Ça fait plusieurs jours que l’on rencontre les chasseurs du village. Ils nous racontent tour à tour leurs histoires et leurs motivations à perpétuer les traditions. Certains d’entre eux en ont fait un travail. D’autres sont plutôt attirés par les dimensions sportive et culturelle. Lassés et frustrés de ne montrer leurs oiseaux de proie qu’attrapant des leurres empaillés dans l’arrière-cour de leur maison, les chasseurs sont désormais impatients de nous emmener à une « vraie » chasse. Le lendemain matin à huit heures, nos chevaux sont prêts. Sur les hauteurs de Bokonbayev, avec discrétion et à la bonne distance, je photographie les moindres mouvements des chasseurs dans un décor surréaliste. Nous voilà face à la violente réalité de la chasse au loup et au renard... Durant cinq heures, je fais comme je peux pour cadrer les actions des chasseurs. Parfois à cheval, souvent à pied, je m’épuise très vite. Fin de journée, la lumière est douce quand ils décident de revenir au village. Le plus vieux avance toujours en tête. Mon 24 mm me permet d’avoir un beau plan large où l’on devine un cimetière en arrière plan. Les aigles sont encore très agités, mais je sais qu’à 1/5000s, je ne risque aucun flou quand ils déploient les ailes. Le bon compromis entre les Iso que je n’augmente pas pour garder l’image très nette et l’ouverture à f/4,5, me permet d’optimiser au mieux mon image et de la rendre la plus picturale possible. 


Texte et photo publiés dans le magazine le Monde De La Photo #88 en Septembre 2016

Extrait du livre Ashayer - nomades en persan - disponible en librairie et sur amudarya.com

Actualité sur @KaresLeRoy (Instagram & Facebook)



[EN] KYRGYZ FALCONERS

In a quest for the last nomads and ethnic groups from Persia and Central Asia, I left for 16 months with my van from France to Afghanistan. During a winter in Kyrgyzstan, he followed falconers that perpetuate an ancestral hunting of wolf and fox.

 

A WINTER IN BISHKEK

I begin the ninth month of the journey by entering Kyrgyzstan. I cross the border a few days after Charlie Hebdo's attacks and the customs officers, noticing that I am French, talk to me about it in an embarrassed way. As if they wanted to make me understand that Muslims in their country have nothing to do with this story. It seems obvious to me, but they care. Winter is getting harder and harder. Under-equipped, I hit the road that leads me to the capital without tire chains. I expect to have an accident at all times despite my prudent driving. And fatally, it's on an ice-cold road between two passes that my vehicle makes a head-to-tail and comes to crash into a wall of snow. It's too much for me. I decide to stop in Bishkek and wait for the weather to come back. My van stays for three months under centimetres of powder in a Stalinist city. I take advantage of this opportunity to take my time and organize the two reports that I always planned to do in this country: eagle hunters and Kyrgyz nomads; the latter do not start their transhumance until spring. While I am inquiring from an old acquaintance, Goulzina, a young Kyrgyz girl I met four years ago, here in Bishkek and who has been a guide ever since, I realize that Aibek, the person in charge of the apartment where I rent a room, is also very familiar with the subject. This will greatly simplify my searches. 

THE EAGLE HUNT

In all of Kyrgyzstan, eagle hunting remains in only three villages. Following its ban during the Soviet period, those who owned eagles had to hide or abandon them. That tradition almost disappeared. But some families, where men were falconers from father to son, tried to reconnect with this ancestral form of hunting. Barely 200 kilometres from the capital, Bonkonbayev is not only the nearest village, but above all it is the one with the highest number of falconers. It's a good thing, because the harsh climate makes it very difficult to move around. The temperature is now -27 degrees Celsius. Working conditions are difficult. With my friend Greg, who joined me for the video part of the project, we realize that following a hunt is a real challenge. 

THE PICTURE

We've been meeting the hunters of the village for several days now. They tell us their stories and their motivations to perpetuate traditions. Some of them have done a job. Others are more attracted by the sporting and cultural dimensions. Tired and frustrated to show their birds of prey only catching stuffed lures in the backyard of their home, hunters are now eager to take us on a "real" hunt. The next morning at eight o' clock, our horses are ready. On the heights of Bokonbayev, with discretion and at the right distance, I photograph the slightest movements of the hunters in a surrealist setting. We now face the violent reality of wolf and fox hunting... For five hours, I do what I can to frame the hunters' actions. Sometimes on horseback, often on foot, I get exhausted very quickly. At the end of the day, the light is soft when they decide to return to the village. The oldest one is always leading the way. My 24 mm allows me to have a nice wide plan with a cemetery in the background. The eagles are still very agitated, but I know that at 1/5000s, I won't risk any blur when they spread their wings. The good compromise between the Iso that I don't increase to keep the image very sharp and the aperture at f/4.5, allows me to optimize my image and make it as pictorial as possible. 


Text and photo published in the magazine Le Monde De La Photo #89 in September 2016

Extract from the book Ashayer - nomads in Persian - available in bookshop and on 

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